Bulletin électronique du 09 juin 2013

Une nouvelle avancée dans la production d’isotopes médicaux au Canada
9 juin 2013 – TRIUMF Website Headlines

Une équipe de TRIUMF à Vancouver (Laboratoire national canadien pour la recherche en physique nucléaire et en physique des particules) vient de marquer une étape importante pour l’Agence du Cancer de Colombie-Britannique en développant de nouvelles alternatives pour la production d’isotopes médicaux clés. Cette équipe, qui a utilisé un cyclotron médical conçu par Advanced Cyclotron Systems (ACSI), une entreprise basée en Colombie-Britannique, a réussi à produire à grande échelle du Technétium-99m (Tc-ppm) et en quantité suffisante pour une métropole de la taille de Vancouver. Cette avancée élimine le recours à des réacteurs nucléaires pour la production d’isotopes, et plus spécifiquement ceux qui utilisent de l’uranium de qualité militaire, ce qui constituait jusqu’à présent l’approche traditionnelle.

Paul Schaffer, directeur de la division de médecine nucléaire de TRIUMF et chercheur principal dans ce projet précise : « Cette réussite représente un pas très important pour combler les besoins du Canada en isotopes médicaux lorsque le NRU (réacteur national universel du canada à Chalk River, installation de recherche en physique nucléaire pour le développement de l’industrie et la production nucléaire) cessera toute production en 2016. »

Chaque année, des dizaines de millions de procédures médicales s’appuient sur l’utilisation du Tc-99m, un isotope utilisé en radio pharmacie pour l’imagerie médicale en particulier du cœur et des os. Un petit nombre de réacteurs vieillissants produisent l’essentiel de la capacité globale du canada de production d’isotopes. Ces dernières années, ces réacteurs ont subi des arrêts pour entretien et réparation, menaçant l’approvisionnement mondial en isotopes médicaux.

Richard Eppic, PDG de ACSI, note : « Nous sommes très fiers de l’équipe de TRIUMF et de nos équipements. Cela valide le fait que e Canada est un champion dans le domaine des cyclotrons haute puissance pour produire l’essentiel des isotopes médicaux dont ont besoin les hôpitaux et les cliniques. ».

« L’approche retenue par notre consortium a établi la faisabilité de produire du Tc-99m en quantité significative grâce au réseau des cyclotrons existants au Canada. Ces mêmes appareils produisent également d’autres isotopes qui sont utilisés dans un nombre grandissant d’autres procédures d’imageries. La conséquence est que le Canada va rester à la pointe de la technologie des isotopes médicaux dans un avenir prévisible », ajoute John Valliant, directeur scientifique et directeur général du CPDC à Hamilton (Centre for Probe Development and Commercialization, qui développe des sondes d’imagerie moléculaire, et des composés chimiques pour le diagnostic médical précoce).

En février 2012, TRIUMF a démontré que la production de Tc-99m par les cyclotrons médicaux de Colombie-Britannique et d’Ontario était possible. Après une année d’améliorations techniques, d’augmentation des performances, de contrôle et de procédures de purification, l’équipe a atteint l’étape suivante, la production suffisante de Tc-99m en 6 heures au Centre de l’Agence du Cancer de la Colombie-Britannique, pour alimenter la demande d’un zone urbaine (équivalente environ à 10 Curie).

- Sources : Communiqué de presse de TRIUMF, 9 juin 2013http://www.triumf.ca/headlines/current-events/new-milestone-for-tc-99m-production
-  Rédacteur : Didier Marty-Dessus – Attaché Scientifique à Vancouver. Didier.marty-dessus@diplomatie.gouv.fr
- Contact : Tim Meyer , Head, Strategic Planning & Communication, TRIUMF, tmeyer@triumf.ca
- Pour Aller plus loin : Celler, A, X Hou, F Bénard, et T Ruth. « Theoretical modeling of yields for proton-induced reactions on natural and enriched molybdenum targets ». Physics in Medicine and Biology 56, no 17 (7 septembre 2011) : 5469‑5484. doi:10.1088/0031-9155/56/17/002.

La biomasse : une solution au traitement des eaux usées et à la reduction des gaz à effet de serre ?
3 juin 2013 – UofC Online News

Des chercheurs de l’Université de Calgary (UofC - Alberta) s’intéressent à la manière dont la biomasse « made in Alberta » telle que la paille ou le bois laissés de côté par l’exploitation agricole ou forestière, pourrait être utilisée afin de nettoyer les contaminants chimiques dans l’eau utilisée dans l’exploitation des sables bitumineux.

« Il est important de regarder quelles sont les synergies entre ces industries », dit David Layzell, professeur en sciences biologiques à UofC, et affilié à l’institut pour une énergie, un environnement et une économie durables (SEEE). « On pourrait gagner encore plus en efficacité si nos industries agricoles et forestières pouvaient aider les secteurs du gaz et du pétrole à résoudre leur problèmes liés à l’environnement », dit Layzell.

Aujourd’hui, l’industrie des sables bitumineux en Alberta utilise environ 123 millions de mètres cubes d’eau annuellement, qui finissent dans des grands bassins de décantation. Dans cette eau usée, on trouve principalement des acides naphténiques, qui sont toxiques et corrosifs. De plus, les microbes de ces bassins transforment ces acides en méthane, qui est émis dans l’atmosphère. Le méthane est un gaz à effet de serre (GES) qui possède un potentiel de réchauffement de l’atmosphère terrestre 25 fois plus important que le gaz carbonique.

Les chercheurs de UofC ont pour objectif de développer un biocarbone activé conçu pour adsorber les acides naphténique de ces bassins, en prévenant ainsi la formation et le dégazage du méthane. De plus, ce biocarbone pourrait être utilisé comme une source d’énergie renouvelable en remplacement des énergies fossiles, ou encore enfoui pour stocker de manière permanente le carbone, réduisant également l’émission de GES.

« L’utilisation d’un bioproduit serait avantageuse sur la réduction des GES et à faible cout, tout en réduisant l’empreinte des sables bitumineux sur l’environnement », note Layzell. Le projet est basé sur des études préalables menées par Layzell et commanditées par des compagnies exploitant les sables bitumineux, ainsi que par le CRSNG (Conseil de Recherches en Sciences Naturelles et en Génie Canadien).

L’étude initiale a montré que les produits à carbones activés, tels que ceux qui sont couramment utilisés dans les filtres à eau des cuisines et dans les systèmes de filtration industriels, étaient très efficaces pour séparer les composés organiques de l’eau issue des opérations d’extraction des sables. « Avec cette découverte, nous sommes en train de travailler au développement d’une nouvelle façon de produire un biocarbone activé ou adsorbant qui pourrait posséder les propriétés chimiques d’un produit commercialisé, mais qui pourrait être fabriqué à large échelle à partir de la biomasse albertaine avec un impact énergétique et un cout moindres », dit Layzell.

Les chercheurs ont produit de faibles quantités de biocarbone à partir de résidus de peupliers en utilisant une pyrolyse lente, un procédé relativement faible température qui brûle la biomasse en l’absence d’oxygène. L’objectif est de mettre au point un procédé peu cher minimisant l’énergie utilisée pour activer biocarbone, ce qui minimiserait le prix par mètre-cube dans son utilisation pour le traitement des eaux usées des sables bitumineux, tout en augmentant le bénéfice pour les GES.

« Il s’agit d’une approche gagnant-gagnant »,
dit Layzell. « Nous créons un nouveau marché pour les produits de l’agriculture et de la forêt. Ainsi, une nouvelle industrie émerge, liant celles-ci à la résolution des problèmes environnementaux liés à l’exploitation du pétrole et du gaz…tout en réduisant l’émission des gaz à effet de serre. »

- Sources : Communiqué de presse de l’Université de Calgary, 3 juin 2013 http://ucalgary.ca/news/releases/june2013/greenhousegases

- Rédacteur : Didier Marty-Dessus – Attaché Scientifique à Vancouver. Didier.marty-dessus@diplomatie.gouv.fr

Dernière modification : 24/06/2013

Haut de page