Visite du Professeur émérite Alain Supiot de l’Université de Nantes : deux conférences publiques [en]

La première conférence s’est tenue le jeudi 12 mai et portait sur « La gouvernance par les nombres ». Par substitution à la loi d’héritage grec, dont la volonté était de garantir l’harmonisation de la société par celle-ci, le monde moderne s’est construit comme une « machine à calculer ». Du Gosplan au Marché total, la différence principale entre le libéralisme économique classique et le communisme était que pour le courant libéral, l’harmonie économique ne pouvait se faire sans législation. Pour la pensée communiste en revanche, la loi est un outil d’amélioration de l’harmonie par le recours au quantitatif.

L’association du capitalisme avec le communisme, qu’on a pu observer en Europe et en Chine à la fin du XXe siècle, a assis le recours aux nombres. Les libéraux classiques étaient conscients que la recherche des intérêts individuels ne permettrait pas d’atteindre une prospérité globale à moins que la loi ne contrôle l’avidité de chacun. Les néo-libéraux considèrent cependant les fictions légales, qui régissent le marché, comme étant dans la nature de l’homme. Ils confondent l’inné et l’acquis et appliquent le paradigme du marché à tous les aspects de la vie, dont législatif. Ils le considèrent alors comme un élément supplémentaire évoluant au sein d’un marché avec ses normes de pratique.

Informations pratiques :

  • Jeudi 12 mai
  • De 16h à 17h
  • A la Allard School of Law du Peter Wall Institute, salle 122, 1822 East Mall, Vancouver.
  • Merci de vous inscrire auprès du Peter Wall Institute ici
    Une réception sera organisée après la conférence.

Programme (en anglais) :

PDF - 656.3 ko
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La deuxième conférence s’est tenue le jeudi 19 mai et avait pour but de définir la notion de « Régime de travail réellement humain” édictée par l’Organisation Internationale du Travail.

De prime abord, la Première Guerre mondiale a créée deux notions antithétiques : la gestion industrielle de l’homme et le « régime du travail réellement humain”, comme annoncé dans le Traité de Versailles. Le concept de Ernst Jünger de “Mobilisation totale” a influencé ceux de Carl Schmitt et l’Etat totalitaire et de Hannah Arendt avec son totalitarisme. Sa valeur heuristique demeure importante car on le voit encore aujourd’hui, quoique sous une forme nouvelle, dans le Marché Total. De nos jours, chaque individu est appréhendé comme une ressource quantifiable, et chaque habitant de chaque état du monde est entrainé dans une lutte sans fin de guerre économique.

Comment alors ces deux concepts se sont-ils organisés ? La recherche de conditions de travail à échelle humaine est-elle compatible avec une organisation scientifique du travail et l’utilisation absolue de l’homme pour une compétitivité globale ? La réponse dépend de la manière d’interpréter la notion de « travail à échelle réellement humaine ».

Informations pratiques :

  • Jeudi 19 mai
  • De 16h à 17h
  • Salle de séminaire (seminar room) du Peter Wall Institute, 6331 Crescent Rd, Vancouver.
  • Merci de vous inscrire auprès du Peter Wall Institute ici
    Une réception sera organisée après la conférence.

Programme (en anglais) :

PDF - 509.3 ko
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Dernière modification : 22/06/2016

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