Paris, 06 November 2012

 
1 - Bahreïn - Attentat à Manama
 
La France condamne les explosions criminelles qui ont entraîné la mort de deux personnes le 5 novembre à Manama et exprime ses condoléances aux familles des victimes.
 
Toute la lumière doit être faite sur ces attentats, dont les auteurs doivent être traduits en justice.
 
Nous prenons acte de la condamnation de ces actes par les différentes forces politiques.
 
Nous appelons les parties à refuser le recours à la violence et à se mobiliser en faveur d’un processus de dialogue inclusif.  
 
 

 
2 - Ukraine - Elections législatives du 28 octobre

 
La France a pris note de l’annonce par les autorités électorales ukrainiennes d’un nouveau vote dans cinq circonscriptions législatives, à une date qui reste à déterminer.

Cette décision fait notamment suite aux insuffisances relevées dans le rapport préliminaire établi par la mission d’observation électorale de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, en particulier concernant la campagne électorale, le dépouillement et le décompte des voix.

Par ailleurs, nous observons avec inquiétude le retard pris dans la publication des résultats définitifs ainsi que les incidents qui accompagnent les dernières étapes du processus électoral.
 
La France appelle les autorités ukrainiennes à faire toute la lumière sur l’ensemble des irrégularités qui auraient été commises et à les corriger rapidement, afin de garantir la transparence du scrutin et sa conformité aux règles de droit et à la volonté des électeurs.
 
 

 
3 - Ouragan Sandy
 
Je souhaite vous parler de l’action de la France à la suite du passage de la tempête tropicale Sandy aux Caraïbes et qui a causé de très importants dégâts.
La France s’est immédiatement mobilisée pour aider les populations touchées par cette tempête tropicale dont l’évaluation est encore en cours. On compte de nombreux morts, des dizaines de milliers de maisons, d’écoles, de centres de santé détruits et plus de deux millions de personnes directement affectées dans cette région.
 
La France a immédiatement mis en place une aide d’urgence d’environ 220 mille euros pour trois pays : Haïti, Cuba et la Jamaïque.
 
La France est particulièrement attentive à la situation des populations haïtiennes qui sont touchées par de graves inondations qui ont provoqué la mort de plus de 50 personnes et endommagé plus de 20 000 foyers. En Haïti pèse la menace d’une crise alimentaire grave.
 
En réponse à l’appel des autorités haïtiennes, la France a immédiatement accordé 100 000 euros aux communautés agricoles les plus durement éprouvées par cette tempête pour la réhabilitation des habitats. Un pont s’est effondré, il est situé sur le principal axe routier du pays.
Il y aura donc une aide budgétaire française pour la réalisation de travaux d’installation pour un nouveau pont. Cette opération est estimée à 600 000 euros environ et devrait être réalisée dans un délai inférieur à trois mois.
 
De plus, Haïti bénéficie cette année de 2,5 millions d’aide alimentaire française et des crédits supplémentaires pourraient rapidement être mis à disposition en cas de nécessité.
 
Enfin, dans le prolongement de ces mesures d’urgence, la France prépare une aide supplémentaire de 8 millions d’euros afin de répondre à la demande des autorités locales pour un renforcement du programme des cantines scolaires. Ce programme contribuera à l’alimentation, à la scolarisation des enfants haïtiens et s’inscrit dans le cadre d’un partenariat défini lors de la visite du ministre délégué au Développement le 24 octobre dernier.
 
Concernant Cuba, nous soutenons les ONG locales pour fournir une aide de proximité à la ville de Santiago de Cuba très touchée par l’ouragan avec une aide d’urgence de 70 000 euros.
 
En Jamaïque, toujours au titre de l’aide humanitaire d’urgence, nous apportons un appui pour mettre hors d’eau des établissements de santé et pour lutter contre la propagation de la dengue et restaurer les écoles touchées par la tempête tropicale.
 
Je tenais à vous faire cette présentation car un nombre important d’hommes, de femmes et d’enfants sont affectés par cette tempête, dans des zones qui sont généralement pauvres.
 
 

 
4 - Territoires palestiniens
 
Q - Bonjour, je voulais commencer par les Palestiniens, qui sont déterminés à déposer leur demande d’admission à l’ONU, en tant qu’Etat non-membre, dans le courant du mois. Je voulais savoir quelle va être la position de la France ? Va-t-elle voter en faveur de cette demande ?
 
R - Nous définirons notre position quand nous verrons cette demande palestinienne, sur le texte tel qu’il sera. Nous aurons en tête une préoccupation principale, c’est-à-dire, que l’on avance vers l’objectif de deux Etats, qui est la position de la France. Nous prendrons une décision aussi en concertation avec nos principaux partenaires dans le cadre des Nations unies.
 
Q - Pendant la visite du Premier ministre israélien, le président a abordé cette question et il semblait réticent à l’idée que les Palestiniens déposent une telle demande à l’Assemblée générale de l’ONU, alors que dans une période ultérieure, la France encourageait les Palestiniens à aller à l’Assemblée générale plutôt qu’au Conseil de Sécurité. Ma question est : la position de la France a-t-elle changé à ce niveau  ?
 
R - Non, la position de la France n’a pas changé. Ce que nous souhaitons c’est la reprise de la négociation. C’est ce qu’a dit le Président de la République. Tout ce qui peut contribuer à la reprise de la négociation, la France souhaite l’encourager. Il n’y a pas de changement. La position est connue, la France est attachée à la solution de deux Etats.

Le Ministre des Affaires étrangères l’a rappelé le 24 octobre, à l’Assemblée nationale. Il a dit « nous pensons qu’il n’y a pas de solution possible sans la coexistence de deux Etats ». Un Etat israélien qui doit pouvoir vivre en paix et en sécurité, d’un côté et un Etat palestinien, qui doit être viable et effectif. Il a insisté : "La priorité est la reprise des négociations entre les deux parties pour parvenir à une solution à ce conflit."
 
Q - Il fut un temps où la France encourageait fermement les Palestiniens à aller devant l’Assemblée générale de l’ONU. Là, vous semblez hésiter et votre réponse est un indice à ce niveau. Donc qu’en est-il exactement de la position française ?
 
R - Encore une fois, la position française c’est la reprise des négociations pour parvenir à une solution de deux Etats.
 
Q - Vous conseillez aux Palestiniens et vous confirmez leur crainte de se retrouver seuls, sans appui français, de façon générale sans appui européen, car les Européens leur ont conseillé d’aller d’abord devant l’Assemblée générale et là ils se retrouvent tous seuls, c’est-à-dire qu’il faut recommencer des négociations.
 
R - On ne donne pas de conseil sur ce point précis, sur ce qu’il convient ou non de faire à l’Assemblée générale des Nations unies autre que nous souhaitons encourager tout ce qui peut favoriser la reprise des négociations entre les parties.
 
Q - L’année dernière, vous avez voté en faveur de l’admission de la Palestine en tant qu’Etat membre à l’UNESCO, l’intitulé du vote était « la Palestine, Etat membre de l’UNESCO », avec la réponse d’aujourd’hui, apparemment il y a un petit recul, si vous permettez l’expression.

De plus, le Président palestinien lui-même a répété ici même à l’Élysée, lorsqu’il est venu voir le Président, il n’y a pas très longtemps que la demande d’admission à l’Assemblée générale des Nations unies n’est pas contraire aux principes des négociations mais c’est pour fortifier, pour renforcer la position des Palestiniens, pour aller négocier.
Donc je voudrais savoir si votre position de principe sur l’admission de la Palestine, en tant que membre des Nations unies, a changé et deux, comment expliquez-vous cette contradiction entre le vote à l’Unesco et l’hésitation d’aujourd’hui ?

 
R - On ne peut pas parler d’hésitation aujourd’hui. Simplement pour prendre position sur la demande palestinienne qui sera présentée à l’Assemblée générale, il faut que l’on puisse examiner cette demande. Elle ne nous a pas encore été présentée donc on ne peut pas indiquer quel sera le sens de notre vote.

Mais la position de principe est de soutenir tout ce qui peut favoriser la reprise de la négociation, pour parvenir à la solution de deux Etats, comme je l’ai rappelé tout à l’heure.
 
 

 
5 - Liban
 
Q - Suite à la visite éclair du président, il y a une sorte de polémique. L’opposition estime que le fait que les rencontres du président français se soient limitées à son homologue libanais sans avoir vu le président du gouvernement et de la chambre des députés est un désaveu de la part de la France des deux présidences auxiliaires.

L’opposition considère que la France a voulu désavouer le Premier ministre essentiellement. Est-ce que vous avez quelque chose à dire pour désamorcer un peu cette polémique ?
 
R - Non. Pas de commentaire. Quand un président se déplace, il rencontre la plupart du temps son homologue.
 
Q - Oui mais le cas du Liban est assez particulier puisque généralement, le visiteur tient à rencontrer les trois présidences étant donné que chacune représente une communauté et une tendance politique différente.

 
R - Le président de la République quand il a l’occasion rencontre largement nos amis libanais. Je n’ai pas vu qu’il y avait une polémique particulière sur le sujet.
 
Q - Est-ce que la visite du Premier ministre libanais est maintenue à Paris ? Elle devait avoir lieu au cours du mois de novembre.

 
R - Le ministre des Affaires étrangères s’est exprimé sur ce point et il a confirmé qu’il serait prochainement à Paris.
Concernant le Liban, vous connaissez bien à la fois la proximité de nos deux pays, et le souhait de la France de faire tout ce qui est possible pour contribuer à la stabilité, à l’unité, à l’intégrité territoriale du Liban.
C’est dans ce contexte que nous agissons, ce sont ces principes que nous portons. Le président de la République l’a dit très clairement.
 
 

 
6 - Syrie
 
Q - Est-ce que vous avez un commentaire concernant la réunion de Doha de l’opposition syrienne ?
Je voudrais une réaction à une déclaration faite par le président du CNS aujourd’hui dans laquelle il dit que le monde entier, je le cite, s’est entendu à ne rien faire en Syrie. Qu’attend la communauté internationale ?
Est-ce que l’objectif est de morceler la Syrie ? Je voudrais une réaction à cela et sur le projet d’établir ce que l’on appelle un "comité de l’initiative nationale syrienne" de Riad Seif.

 
R - Votre question porte sur les réunions qui ont lieu à Doha depuis le 4 novembre. Nous soutenons ce processus de structuration et d’unification de l’opposition syrienne.
La réunion qui se tient à Doha en ce moment est un pas dans la bonne direction. Nous avons de nombreux contacts depuis plusieurs mois avec l’ensemble des différentes composantes de l’opposition syrienne.
Nous avons aussi des contacts avec les structures civiles de gouvernance qui sont à l’intérieur de la Syrie auxquels nous apportons un soutien matériel.
 
L’objectif qu’a rappelé le président de la République, il l’a dit encore en Arabie saoudite où il était dimanche, c’est la formation d’un gouvernement transitoire qui soit inclusif et qui représente l’ensemble des composantes de la société syrienne et qui respecte les droits de toutes les communautés. Le président avait dit qu’il reconnaîtrait un tel gouvernement lorsqu’il serait formé.
Au total, nous soutenons les efforts qui sont mis en œuvre à Doha par les différentes composantes de l’opposition syrienne pour se structurer et s’unir et répondre ainsi aux aspirations du peuple syrien.
 
Q - Avez-vous une réactions aux propos du président du CNS qui a dit : "La communauté internationale ne fait rien et laisse les Syriens seuls face à la violence du régime" ?
 
R - La France est pleinement mobilisée. Nous sommes souvent en pointe d’ailleurs sur la plupart des actions notamment au Conseil de Sécurité mais vous voyez bien les blocages répétés au sein de cette instance. Nous essayons d’agir à l’Assemblée générale des Nations unies et il y a eu plusieurs résolutions qui ont été adoptées avec nos partenaires de la Ligue arabe et d’autres pays.
Nous agissons avec l’Union européenne. Vous avez vu plus de 18 séries de mesures pour renforcer la pression sur le régime syrien.
Nous agissons quatrièmement au Conseil des droits de l’Homme.
Cinquièmement je vous ai parlé de notre appui à l’opposition, de l’appui aux conseils de gouvernance locaux qui sont installés en Syrie. Voila toute une série de mesures que nous prenons pour appuyer le peuple syrien dans ses demandes légitimes.
 
Q - Y-a-t-il quelqu’un qui représente la France aux réunions de Doha ?
 
R - Oui l’ambassadeur pour la Syrie, M. Eric Chevallier.
 
Q - Il y a eu une réunion hier au Caire entre M. Brahimi, le Secrétaire général de la Ligue arabe et M. Lavrov concernant l’appui à Genève. Quelle est votre position là-dessus parce que les Russes souhaitent une action rapide tandis que les Arabes et Brahimi demandent que Genève soit voté au Conseil de sécurité ?
 
R- D’abord, rappelons ce qu’est Genève. C’est une réunion organisée le 30 juin dernier par M. Kofi Annan qui était l’envoyé spécial conjoint de l’ONU et de la Ligue arabe. A cette réunion participaient non seulement les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies mais aussi l’Irak qui était président du sommet de la Ligue arabe, la Turquie, le Qatar qui était le président du Comité de suivi de la Syrie au sein de la Ligue arabe, le Koweït, président du Conseil des ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe, Catherine Ashton, le Secrétaire général des Nations Unies et le Secrétaire général de la Ligue arabe. Une réunion donc avec des acteurs très importants.

En ce qui concerne les modalités de la transition politique, un accord a été trouvé à Genève sur la mise en place je cite d’un « organe de gouvernement transitoire capable d’instaurer un climat de neutralité dans lequel la transition pourra se faire ». L’accord ajoute que ce gouvernement sera formé sur "la base du consentement mutuel", c’est-à-dire que toutes les parties doivent être d’accord avec ce gouvernement qui pourrait être formé.

Vous voyez bien que la participation de Bachar El Assad n’est pas possible puisqu’il ne peut évidemment pas y avoir de consensus sur sa participation.
 
Q - L’accord ne dit jamais qu’Assad ne devait pas participer. Il y a un consentement, il fait partie des consentements et des non-consentements mais l’accord ne le dit jamais. D’ailleurs, lors de la conférence de presse de M. Fabius et M. Lavrov, nous avons entendu ce qu’ils ont dit l’autre jour, M. Lavrov disait que l’on avait eu cela dans le draft, qu’Assad devait participer, être absent de consensus mais la déclaration finale ne mentionnait pas cette phrase.
 
R - La déclaration finale dit que le gouvernement sera formé "sur la base du consentement mutuel".
Je vous laisse en tirer vos conclusions. 
 
Q - C’est une lecture.
 
R - Ce n’est pas une lecture, c’est évident que Bachar El Assad ne peut pas participer puisqu’il n’y aura jamais de consensus, sans parler du fait qu’il est responsable d’atrocités, de la mort de plus de 35 000 personnes dans son propre pays, c’est-à-dire qu’il massacre sa propre population.

S’agissant de la demande d’un endossement par le Conseil de Sécurité, vous voyez tous les efforts que nous avons faits dans le cadre du Conseil de Sécurité. Un tel endossement, si on pouvait avancer dans cette direction, devrait inclure un message de fermeté l’égard du régime syrien parce qu’on doit avancer dans cette transition politique.
 
Q - Vous êtes d’accord pour que cela soit présenté aux Nations unies comme le demande M. Brahimi ?
 
R - Mais on est déjà très engagé pour que le Conseil de sécurité agisse. S’il y a eu 3 fois un blocage du Conseil de Sécurité, ce n’est pas le fait de la France. Une telle action devant le Conseil de Sécurité devrait s’accompagner d’un message de fermeté à l’égard du régime syrien.
 
 
 

7 - Tunisie
 
Q - M. Béji Caïd Essebsi l’ancien Premier ministre tunisien est en visite demain. Il représente un parti, Nida Tounès, qui est en pleine expansion en ce moment et qui est accusé par les islamistes notamment au pouvoir d’être un repère d’anciens du RCD. Il est reçu par M. Fabius. Je voulais savoir quel était le sens de cette rencontre et si c’était la marque d’un soutien de Paris à l’opposition tunisienne.
 
R - M. Fabius recevra effectivement demain M. Béji Caïd Essebsi, chef du parti tunisien Nida Tounès et qui un ancien Premier ministre tunisien. C’est une personnalité politique de premier plan en Tunisie depuis l’indépendance et c’est lui qui a conduit la transition après le départ de Ben Ali jusqu’à la formation du nouveau gouvernement issu des élections.

Cet entretien s’inscrit dans le dialogue avec les représentants de tous les courants politiques qui contribuent au jeu démocratique. Le ministre et M. Béji Caïd Essebsi évoqueront le processus de transition démocratique en Tunisie.
 
Q - Cela veut dire que vous ne partagez pas l’analyse des autorités tunisiennes selon lesquelles ce parti est un repère d’anciens du RCD ?

 
R - Encore une fois, cet entretien s’inscrit dans ce dialogue que nous menons avec toutes les forces politiques, les courants politiques qui contribuent à la vie démocratique en Tunisie. D’ailleurs, c’est un parti qui est légal en Tunisie.

Dernière modification : 06/11/2012

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